Quels récits pour demain ? Pédagogie critique, intelligence artificielle et futurs anthropologiques

Pédagogie critique à l'ère du numérique

Plus qu’une simple utilisation d’outils, il s’agit d’interroger le numérique comme objet d’étude et champ de pouvoir au cœur de l’acte éducatif. Croisant pédagogie critique, analyse des infrastructures et résistance aux logiques de plateforme, cet axe forme des esprits émancipés, critiques et créateurs de communs face aux batailles cognitives contemporaines.

L'éducation numérique, ce n'est plus simplement apprendre à utiliser un ordinateur ou une tablette. C'est aujourd'hui un enjeu bien plus profond, aux ramifications politiques, économiques et sociales cruciales. À l'heure où les technologies numériques modèlent nos vies, nos interactions et même notre pensée, la question centrale devient : comment l'éducation peut-elle non seulement transmettre des savoirs, mais aussi former des citoyens critiques, émancipés et responsables face aux outils qui la médiatisent ?

Le storytelling et la transmission des récits sociétaux permettent aux êtres humains de communiquer, de se connecter et de se comprendre mutuellement, ainsi que le monde qui les entoure. Les narratifs peuvent être définis comme des comptes-rendus oraux, visuels ou écrits d'événements et d'acteurs interconnectés, évoluant généralement selon une certaine notion de temps.

Intelligence Artificielle : Pouvoir, Création, Éthique

L’IA est un acteur politique et culturel qui reconfigure nos rapports de pouvoir, redéfinit la création et impose des choix éthiques fondamentaux. Entre capitalisme cognitif, co-création humain-machine et impératif de régulation située, cet axe explore comment maîtriser l’IA comme levier d’influence et d’alternative francophone dans la bataille des récits.

Pendant des années, DeepSeek a entraîné ses modèles de langage à imiter le raisonnement humain. En leur donnant des exemples, des démonstrations pas-à-pas, des "chaines de pensée" soigneusement annotées, cette approche qui fonctionnait... jusqu'à un certain point.Mais voici le paradoxe : en contraignant l'IA à penser comme nous, sa capacité à penser mieux que nous est limité. C'est le défi qu'a relevé l'équipe DeepSeek avec leur modèle R1 - et la solution est aussi élégante que contre-intuitive.

L'intelligence artificielle n'est pas un simple outil. C'est un acteur politique et culturel qui redessine les cartes du pouvoir, réinvente les processus créatifs et nous confronte à des choix éthiques fondamentaux. Loin de la vision techniciste qui la présente comme neutre et objective, l'IA s'avère être un miroir - souvent déformant - de nos sociétés, de leurs biais et de leurs rapports de force.

Géopolitique des Savoirs et Futurs Anthropologiques

Les savoirs sont devenus un champ de rivalité stratégique entre États, cultures et acteurs privés. Cartographier ces flux et analyser les imaginaires technologiques dominants permet de défendre une souveraineté cognitive francophone et d’esquisser des futurs anthropologiques alternatifs à l’heure de l’influence algorithmique et des épistémicides.
Les savoirs sont devenus un champ de bataille. Leur production, leur validation et leur diffusion ne relèvent plus seulement de la recherche désintéressée ou de la transmission culturelle : elles sont désormais l'enjeu de rivalités stratégiques entre États, blocs civilisationnels et acteurs privés. Derrière chaque publication scientifique, chaque programme éducatif, chaque plateforme de connaissance, se jouent des luttes d'influence qui dessinent les contours de notre avenir commun.