Toutes les musiques ont un effet sur le cerveau

Des notes et des notes pour notre cerveau...

Toutes les musiques ont un effet sur le cerveau. Une note de musique se compose d'un ensemble de notes de musique. Toutes ces notes représentent une fréquence chacune. Celle la plus grave, la fondamentale, à celles plus aiguës dont les volumes décroissentt. L'ensemble de ces notes sont la richesse du timbre. Une note n'est donc pas unique. Une note de musique et son ensemble de notes se répandent et résonnent en salle. Elle s'enrichit des résonances que provoquent la salle suivant les textures qui la revêt, si elle est tapissée de tapis, de marbres, de vitres, etc.

Toutes cette richesse, cet amas de notes et leurs résonances sont assimilé par notre cerveau. Notre cerveau trie et reconstruit chaque note, il sépare les bruits, analyse les hauteurs.

 

ensemble swing quator
 
Chaque zone de notre cerveau travaille sur les différents paramètres de l'ensemble musicale. Une analyse du cerveau par IRM d'un mélomane en écoute musicale montre une véritable symphonie neuronale et pour un musicien un feu d'artifice de stimulation nerveuse.

L'intelligence du son, l'intelligence des structures et l'intelligence sensible.

swing quator string

 

Écouter et surtout produire de la musique est une activité cognitive de raisonnement, d'émotion et d'action (danse, écoute). La musique est une activité particulière. Elle synchronise l'émotion, l'action, le raisonnement du cerveau. Elle met en activité l'intelligence du son, l'intelligence des structures et l'intelligence sensible.

La musique est abstraite, elle ne représente pas notre monde extérieure. C'est une abstraction pure, tels les mathématiques qui construisent des raisonnements.Le cerveau reconstruit l'abstraction et rend le monde sensible. Elle met en activité l'intelligence du son, l'intelligence des structures et l'intelligence sensible.

La musique s'appuie sur une forme, le thème et ses variations, comme le thème d'un morceau de jazz et son improvisation sur le thème. Le travail de l'intelligence sonore est de solliciter l'improvisation sur le thème. Le cerveau anticipe toujours l'information sonore. Le musicien doit surprendre l'anticipation du cerveau afin de lui procurer du plaisir. Le cerveau n'est pas passif, il anticipe la musique. Le compositeur, le musicien crée l'attente chez l'auditeur.

La musique possède sa propre rhétorique celle de la rythmique avec sa hiérarchie des temps forts et des temps faibles, et celle harmonique avec ses systèmes majeurs et mineurs qui est aussi une hierarchie. Cet environnement de construction musicale facilite la projection du cerveau en attente. Si la musique est trop simple, le cerveau est déçue en rapport à son anticipation. Le suspense tient l'attente du cerveau. Cette attente crée la réaction émotionnelle. Une attente provoque une autre attente, la musique pour le cerveau est une cascade d'attentes. Les compositeurs à travers les ages continuent de jouer avec notre cerveau, car celui-ci a peu évolué en quelques siècles. Comme un roman policier, la musique a des indices qui créent le suspenses et les rebondissement.

L'intelligence sensible est l'aspect expressif. Le rôle de l'interprétation change le son et aussi le sens. L'interprétation est la représentation des énergies sonores. La modulation des énergies provoque différentes musiques, celle qui calme, celle qui active. La musique peut modifier les comportements dans la vie quotidienne. L'énergie, l'attente activent « les circuits du plaisir » dans le cerveau. Tous les systèmes de récompense sont sollicités lorsque la musique provoque du plaisir. Les stimuli clefs de la dopamine et autres substances de neurotransmission essentielle au fonctionnement de notre cerveau irrigue les zones de plaisirs. Plus la dopamine est sollicité, plus l'addiction arrive. En ce sens, la relation entre Sex, Drogue & Rock'n roll est assez juste car elle stimule les zones de plaisirs. Suivant les modulation de l'énergie faible qui calme, forte qui excite, positive qui porte la joie et la gaîté ou négative qui provoque l'agressivité, la musique agit sur le comportement.

La musique facilite les tâches motrices, les tâches verbales, les tâches mathématiques

swing quatuor string

 

Les bébés de 1 à 3 jours ont montré qu'ils étaient déjà sensibles au stimuli positif et négatif de la musique. Les nourrissons préfèrent le chant de leur mère à sa voix. Mais il est exigeant, il veut de l'expression, de l'intention dans le chant. C'est dans la condition du chant que le bébé récupère son état émotionnel le plus rapidement. La musique est la première forme de communication orale qui précède le langage. Elle est une activité qui met en relation avec les autres.

Comme le principe de la lecture, la musique eut ce changement fondamental dans l'évolution du cerveau. Elle modifie les connections neuronales. La quantité de connections crée l'intelligence, dans tous les sens du terme. La création et la suppression de connections est la plasticité du cerveau. Il est constaté que l'autoroute de l'information entre l'hémisphère gauche et droite du cerveau est plus épaisse et donc plus importante pour un musicien par la coordination de sa main droite et gauche notamment. L'autoroute vers le cortex central, notre station de traitement de l'information, est également plus dense.

Il est avéré qu'un mélomane a plus de facilité à apprendre une langue étrangère, à détecter des paroles dans un environnement bruité. Inversement un polyglotte n'a pas plus de facilité à apprendre la musique. La pratique ou l'écoute de la musique modifie le cerveau et garantie d'autres qualités et cela pour la vie. La plasticité d'un cerveau pour un enfant est la même que pour un adulte. Apprendre la musique agrandit le nombre de connections dans notre cerveau et ce à n'importe quel age. C'est un effet positif pour d'autres effets sur d'autres compétences.

La musique facilite les tâches motrices, les tâches verbales, les tâches mathématiques. La pratique musicale favorise l'empathie, la lecture des émotions sur le visage des autres et la collaboration sociale. Le vieillissement cognitif est ralenti par la pratique de la musique. Il suffit de 4 mois d'apprentissage d'un instrument chez un senior pour que le cerveau se modifie, le QI augmente, l'apprentissage est facilité et le vieillissement retardé.

Pour les victime des maladies de Parkinson, d'un accident AVC, d'aphasie, d’Alzheimer, le chant, la mémorisation en musique et la pratique réduisent les conséquences et les progressions de la maladie. Les effets bénéfiques de la musiques offrent d'autres compétences à partager avec d'autres activités.

En savoir plus sur le conférencier Emmanuel Bigand

http://leadserv.u-bourgogne.fr/fr/membres/emmanuel-bigand

La conférence d'Emmanuel Bigand, enseignant chercheur "Musique et cerveau"